| Home → Recorded Songs → 1976 → Le boulevard du temps que passe |
ENGLISH |
|
|
ITALIANO |
||
|---|---|---|---|
| Le boulevard du temps qui passe | Boulevard of Passing Time | ||
| À peine sortis du berceau, Nous sommes allés faire un saut Au boulevard du temps qui passe, En scandant notre «Ça ira» Contre les vieux, les mous, les gras Confinés dans leurs idées basses. On nous a vus, c’était hier, Qui descendions, jeunes et fiers, Dans une folle sarabande, En allumant des feux de joie, En alarmant les gros bourgeois, En piétinant leurs plates-bandes. Jurant de tout remettre à neuf, De refaire quatre-vingt-neuf, De reprendre un peu la Bastille, Nous avons embrassé, goulus, Leurs femmes qu’ils ne touchaient plus, Nous avons fécondé leurs filles. Dans la mare de leurs canards Nous avons lancé, goguenards, Force pavés, quelle tempête! Nous n’avons rien laissé debout, Flanquant leurs Credo, leurs tabous Et leurs dieux cul par-dessus tête. Quand sonna le «cessez-le-feu» L’un de nous perdait ses cheveux Et l’autre avait les tempes grises. Nous avons constaté soudain Que l’été de la Saint-Martin N’est pas loin du temps des cerises. Alors, ralentissant le pas, On fit la route à la papa; Car, braillant contre les ancêtres, La troupe fraîche des cadets Au carrefour nous attendait Pour nous envoyer à Bicêtre. Tous ces gâteux, ces avachis, Ces pauvres sépulcres blanchis Chancelant dans leur carapace, On les a vus, c’était hier, Qui descendaient jeunes et fiers, Le boulevard du temps qui passe. |
Just out of the cradle, We went for a stroll On the Boulevard of Passing Time, Chanting our battle cry Against the old, the lame, the fat Trapped in their narrow minds. We were seen, it was yesterday, Marching down the road, young and proud, In a wild saraband, Firing in the air, Alarming the fat bourgeois, Trampling their flower beds. Swearing to overturn everything, To make another '89, To storm the Bastille once again, We kissed, hungrily, The wives they no longer touched, We made their daughters pregnant. In the pond of their ducks We hurled, laughing, Great stones, what a splash! We left nothing standing, Knocking their Credos, their taboos And their gods over the head. When the «cease-fire» sounded One of us was losing his hair And the other had gone grey at the temples. We suddenly realized That St. Martin's summer Is not far from cherry-blossom time. And so, slowing our pace, We walked like old men; For braving us, the ancestors, A fresh band of youngsters Was waiting at the crossroads To pack us off to the old folks' home. All these doddering wrecks, these has-beens, These poor crumbling relics Tottering in their shells, We saw them, it was yesterday, Came marching down, young and proud, On the Boulevard of Passing Time. |